Fabriquer en Inde : un choix à contre-courant.

Depuis nos débuts - et même en amont, lors de la conception de Kind Studio - nous avons choisi de travailler avec des ateliers d’artisanat indiens. Un choix qui est sujet à polémique, souvent par désinformation sur le made in et ce que cela implique. Nous pensons qu’il est bon de faire un point dessus. Nous vous expliquons pourquoi nous fabriquons une partie de nos collections en Inde.

La petite histoire de Kind Studio

Ce n’est pas par hasard ou par intérêt économique que nous avons choisi l’Inde comme principal pays de conception de nos vêtements.

Linda, la fondatrice et créatrice de la marque, a travaillé étroitement avec l’Inde pendant près de deux ans. A travers ses voyages et ses rencontres, elle a pris conscience de l’importance de la culture textile indienne : une culture fondamentale, riche et remplie de savoir-faire qui n’existent nulle part ailleurs.

Lors de la conception de Kind Studio - courant 2019, Linda voulait poursuivre son aventure avec l’Inde en collaborant avec des ateliers d’artisans dans le choix des textiles et la fabrication des vêtements. Ce choix permettait d’apporter de la cohérence à sa démarche : le souhait d’avoir un impact social positif, au-delà même du choix de créer des vêtements écoresponsables.

Aujourd’hui encore, avec la sortie de la quatrième collection de Kind Studio, nous sommes ravies que notre relation avec nos partenaires en Inde se poursuive.

Nos partenaires en Inde

Nous travaillons avec Chaiim Humanitarian Clothing, l’atelier de production créée par la Fondation Chaiim pour la fabrication des vêtements. Nous faisons confiance à Khaloom pour la conception des textiles tissés main, bio et recyclés.

La pandémie de COVID-19, ayant fortement impacté l’Inde, a rendu tout voyage sur place impossible ces deux dernières années. Toutefois, nous nous sommes adaptés et avons travaillé à distance afin de continuer ces collaborations. 

 

L’Inde pour la conception des vêtements : un choix cohérent. 

L’Inde, une culture textile ultra riche 

Tissages, broderies, teintures, impressions aux blocs de bois, etc - tant de savoir-faire traditionnels qui font la particularité de la culture textile indienne depuis des centaines d’années. 

L’intérêt de l’Europe pour les savoir-faire indiens remonte au 16ème siècle, avec notamment l’importation des premières étoffes de coton imprimé - appelé Indiennes - utilisées aussi bien pour l’ameublement que pour l’habillement.
Avant cela, l’Europe ne connaissait pas le coton. Le succès de cette fibre vient du fait que ce tissu soit léger, fin et résistant. Surtout, il était teint ou imprimé de couleurs et de motifs des plus attrayants.

Aujourd’hui, ce n’est pas pour rien que ce pays fascine toujours autant par sa richesse textile. L’Inde est le principal producteur de coton et possède une industrie textile florissante, autant pour les vêtements que pour le linge et l’ameublement. La production artisanale et industrielle y cohabitent encore.

Ce sont les textiles fabriqués de manière artisanale qui nous ont séduits, tant par leur beauté et leur singularité que par leur impact environnemental réduit et leur impact social fort, correspondant aux valeurs de la marque.

Le coton pousse… en Inde ! 

Les vêtements en coton biologique fabriqués en Europe nous font croire que ceux-ci sont 100% locaux et que leur impact écologique en est donc fortement réduits. Attention ! Leur matière première a été importée d’Inde, du Bangladesh ou de Turquie.

90% de la production mondiale de coton vient d’Inde, et 47% du coton biologique est produit en Inde. Il nous semble alors évident de favoriser la fabrication de nos produits au plus proche d’où la matière première est cultivée. Que ce soit au stade de la matière ou du produit fini, il y a de toute façon un impact écologique compte tenu du transport nécessaire.

Participer à notre échelle à l’émancipation des femmes 

Nous ne nous revendiquons pas comme étant une marque féministe puisque nous ne croyons pas en l’aspect marketing de cette idée. Toutefois, le féminisme fait partie intégrante de nos valeurs.

La Fondation Chaiim

Nous l’appliquons à travers le choix de la Fondation Chaiim comme partenaire de fabrication. Une fondation qui lutte contre le trafic d’êtres humains en offrant une réinsertion sociale et professionnelle aux femmes victimes - ou à risque d’être victime - du trafic d’êtres humains.

La fondation Chaiim ne forme pas seulement les femmes au métier de couturière. Elle leur permet aussi de compléter leur scolarité et d’apprendre les notions de base de l’anglais et de l’informatique en vue d’une vraie émancipation sociale et professionnelle.

Khaloom

Chez Khaloom, c’est 90% de femmes qui travaillent au sein de l’entreprise, autant présentes aux postes de management et de gestion que d’artisanes. Deux femmes ont d’ailleurs fondé cette entreprise.

Cet engagement, avec ces deux entreprises, est la manière la plus cohérente et viable d’incarner nos valeurs féministes et sociales. Nous croyons que l’égalité passe par l’émancipation des femmes. Qu’un accès à l’éducation, à un travail et ainsi, à un revenu, leur permettra de prendre d’être reconnues au sein de la société.

Fabriquer en Inde : pourquoi est-ce à contre-courant ? 

Après le drame du Rana Plaza au Bangladesh et le coup de projecteur qui s’en est suivi sur les conditions de travail inhumaines au sein des usines de confection d’Asie ; des aprioris négatifs sur le “Fabriqué en Inde” se sont imposés (et à juste de titre d’ailleurs).

Nous ne voulons pas occulter le fait que beaucoup de pratiques du secteur de la confection restent encore obscures et surtout peu ou pas du tout éthiques. Beaucoup de marques, notamment de fast fashion, en profitent pour produire à bas coûts sans se soucier des conséquences écologiques et humaines engendrées.

Cela dit, il n’est pas bon d’en faire une généralité : la réalité peut aussi être toute autre. De nombreux ateliers offrent des conditions de travail régulées et justes, des salaires décents, des formations et d’autres avantages pour leur employés.

L’avis de Fanny @the_greenminimalist

Fanny est créatrice de contenus et influenceuse sur le compte Instagram @the_greenimalist. Elle s’est spécialisée sur les sujets de mode éthique : marques responsables, matières, certifications, décryptage du vrai et du faux, etc. En juillet dernier, Fanny nous a rendu visite pour un essayage au studio. C’est alors que nous avons discuté de la fabrication en Inde. Une discussion qui nous a inspiré cet article, auquel nous avons donc voulu qu’elle participe. Voici ce que Fanny pense du “fabriqué en Inde” :

La majorité des gens pense qu'acheter un vêtement fabriqué en Europe ou en France est l'assurance d'une fabrication humaine, éthique, et conforme à la loi (française ou du pays européen de confection) contrairement à l'acquisition d'un vêtement made in loin (principalement Asie).

Pourtant, même si dans de nombreux cas, cela se vérifie, en matière de textile, dans la mesure où les différents acteurs de la chaîne ne sont pas tenus de tracer/justifier en documentant les différentes étapes de fabrication, et qu'abus il y a, la réalité est bien moins évidente à appréhender…

En effet, en Angleterre (à Leicester) et même en France, et plus précisément à Paris où à ses portes, il existe des sweat-shops, de véritables ateliers de misère où des personnes étrangères et sans papier, travaillent sans relâche dans des conditions inacceptables et insalubres. Dans ces zones de non-droit, pourtant sont fabriqués des vêtements qui arborent fièrement sur leurs étiquettes la mention "made in  France" ! Un argument de taille pour les marques qui font appel à de telles pratiques mais à quel prix (humain)...

De l'autre côté du spectre, il existe des vêtements fabriqués en Asie dans de bonnes conditions sociales et surtout dans des ateliers à vocations sociale et caritative : ateliers  de réinsertions de femmes, centres de formation, incluant des écoles pour les enfants des employés, des orphelinats etc. 

Ces initiatives qui sont certes très minoritaires sont à encourager car elles permettent de changer radicalement des vies humaines.

Donc vous l'aurez compris en matière de vêtements rien est blanc ou noir, la réalité est souvent plus nuancée et compliquée.

Alors comment s'en sortir en tant que consommateur?

Il faut déjà se fier aux labels indépendants garantissant de bonnes conditions sociales (GOTS, Max Havelaar etc.). Et si les marques ne labellisent pas leurs pièces (souvent, les plus petites marques n’ont pas forcément les ressources financières et le temps pour le faire), il faut voir si elles font preuve d’une grande transparence et cohérence vis-à-vis de leurs clients dans leurs discours et dans le descriptif des vêtements. Leurs efforts sont à soutenir. Et en cas de doute, n'hésitez pas à les interroger: plus elles détaillent leurs engagements et ceux de leurs partenaires, plus elles sont transparentes et plus vous pouvez leur attribuer votre confiance.

 

Fabriquer en Inde : un choix cohérent pour Kind Studio.

Bien entendu, fabriquer en Inde n’est pas un choix si évident, à l’heure où une relocalisation de la mode serait peut être plus logique. 

Toutefois, n’oublions pas d’où viennent les fibres qui composent la majorité de nos vêtements. N’oublions pas non plus que nos choix ont un impact sur toute une chaîne de production et de conception. Si l’humain et le Vivant ne sont pas respectés, ces choix ont des conséquences désastreuses.

Chez Kind Studio, nous veillons à respecter au mieux aussi bien nos convictions et valeurs, que les personnes avec qui nous travaillons : nous choisissons des matières responsables, une production éthique et engagée auprès des hommes et des femmes avec qui nous construisons notre histoire. Enfin, ce choix de l’Inde est intimement lié à l’histoire de la marque - à son pourquoi - et à notre volonté de mettre en lumière savoir-faire et artisanat de grandes qualités.

 

Linda, Eléna et Fanny

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