Nos matières

Le choix des matières utilisées lors de la conception d’une collection est crucial dans la réduction de l’impact sur l’environnement. En effet, les matériaux des vêtements que nous portons sont gourmands en eau, en énergies et requièrent de lourdes transformations qui peuvent impliquer l’utilisation de produits chimiques.

Afin de produire des vêtements responsables, élégants et beaux, nous sélectionnons nos matières selon plusieurs critères et catégories.

Tissus issus de surplus

Des milliers de mètres de tissus sont mis de côté par les marques à cause d’un mauvais choix, de petites imperfections ou parce qu’ils ont été commandés en trop grande quantité. Utiliser ces rouleaux permet d’éviter de produire de nouveaux tissus – processus qui demande des matières premières, des produits chimiques et beaucoup d’énergie – et donc de réduire l’empreinte carbone du vêtement. Cela permet également de réduire le gaspillage engendré par l’industrie de la mode, souvent peu regardante quant à la surproduction et à son coût écologique.

Et le plus 

Des quantités de tissu limitées, c’est aussi des séries limitées et donc l’assurance de ne pas porter la même chose que des centaines de personnes. Un rouleau de 25m d’un sublime drap de laine camel ne donnera que 8 manteaux, soit une édition limitée que nous ne pourrons plus reproduire dans la même matière.

Tissage à la main

Le tissage à la main est un savoir-faire ancestral en Inde. C’est aussi une activité en danger face à la production industrielle, plus rapide et moins chère qui détruit le marché de l’artisanat et les nombreux emplois qui en découlent. Utiliser le tissage à la main permet d’encourager l’artisanat et de préserver ce savoir-faire. C’est aussi se montrer solidaire en soutenant l’emploi de milliers de personnes de régions rurales et de communautés de tisserands.

L’autre aspect qui rend le tissage à la main eco-friendly, c’est son processus de production. Là où une machine demande jusqu’à 126 kwh – ce qui représente 93 kg d’émission de CO2 pour la production du tissu – le tissage à la main, entièrement manuel, n’émet  pas de CO2. Par ailleurs, notre partenaire en Inde, Khaloom, promeut non seulement le tissage à la main, mais aussi les fibres recyclées (une autre catégorie de matière dont nous vous parlons plus bas).

Et le plus

Chaque tissu est unique, reflétant les heures de travail de l’artisan – une valeur invisible mais bien présente. Dans une société toujours plus rapide et industrialisée, le luxe c’est de porter un vêtement fait entièrement à la main et avec soin. Quand on dit slow fashion, c’est littéral ! 

Tissus recyclés

En recyclant des matières existantes, on évite d’en créer de nouvelles et de puiser dans les ressources de la Terre. Car produire un tissu « neuf », de la culture de la fibre à sa transformation finale, demande beaucoup d’eau, d’énergie, de pesticides et d’autres produits chimiques. Les conséquences sur l’environnement sont lourdes. En revalorisant des textiles destinés à être incinérés ou enfouis, les déchets deviennent la matière première. C’est le principe de l‘économie circulaire. L’impact sur l’environnement est doublement réduit, moins de ressources sont utilisées pour produire le tissu et moins de déchets sont produits en fin de cycle.

Il existe deux sources de recyclage des fibres textiles : 

La « pré-consommateur » qui utilise toute les chutes textiles créées lors de la production de vêtement, dans les ateliers et usines, lorsque les pièces sont coupées avant d’être cousues.

La « post-consommateur » qui se sert des textiles une fois que ceux-ci on été portés et utilisés, en fin de cycle. D’ailleurs, on vous en parle ici !

Les textiles sont triés par type et par couleur avant d’être broyés, réduits en fibres, transformés en fils puis tissés en de nouveaux tissus. L’ajout de fibres vierges aux fibres recyclées est parfois nécessaire afin de rendre le tissu plus solide.

De vieux vêtements en deviennent de nouveaux et la boucle est bouclée.

Coton biologique

Étant une matière d’origine naturelle, le coton est biodégradable. C’est aussi et surtout l’une des matières les plus utilisée pour produire des vêtements, car il a tous les avantages : polyvalent, doux, respirant, confortable et résistant. Mais sa culture est fortement décriée, à juste titre, pour ses conséquences désastreuses sur l’environnement. En effet, le coton est cultivé de manière intensive en détruisant les sols, nécessitant d’énormes quantités d’eau pour pousser dans des zones souvent déjà asséchées et l’utilisation de pesticides et d’insecticides dangereux. 

Il est donc essentiel de choisir du coton biologique, car il aurait près de la moitié de l'impact environnemental du coton conventionnel (Source : HIGG Material Sustainability Index).

Nous sélectionnons nos tissus chez des fournisseurs certifiés Global Organic Textile Standard (GOTS). Le label GOTS a des critères strictes permettant d’assurer la protection de l’environnement et des travailleurs. Cette certification garantit que le coton n’est pas issu de graines génétiquement modifiées et qu’il n’a pas été cultivé à l’aide de pesticides et d’insecticides. Elle promet aussi l’utilisation de procédés de production et de transformation plus respectueux de l’environnement, l’interdiction de substances dangereuses pour la santé, ainsi que le respect et l’amélioration des conditions de travail tout au long de la chaîne de production.

Nous aimerions pouvoir suivre la provenance exacte du coton de nos fournisseurs afin de pouvoir assurer à nos clients que chaque critère est respecté. Malheureusement, nos faibles quantités ne nous le permettent pas pour le moment. Cette faille fait partie de nos objectifs principaux à améliorer pour les saisons à venir. Notre rêve, à terme, serait de rejoindre d’autres marques sur un projet « seed to stitch » afin d’assurer une traçabilité allant des champs de coton aux tissus, et donc de garantir une éthique totale sur la chaîne de production du coton utilisé pour nos vêtements.